113

113
Composé de Rim.K, A.P. et Mokobé, le 113 fut fondé il y a un peu moins de 10 ans. La spécificité de leurs textes repose sur un vécu retranscrit dans son intégralité et sans rajout.
" Truc de Fou ", extrait de leur premier EP sortie en 1998", annonce la venue fracassante du 113 sur la scène rap hexagonale et impose une fois de plus le collectif de " La Mafia K'1 Fry "comme un crew incontournable. Suite à cet EP où l'on retrouve entre autre Doudou Masta et Kéry James d'Idéal J , le 113 enchaîne sur différentes compilations comme " Planète Rap II ", " Opération Freestyle " ou encore " Première Classe " et sur les albums d'Idéal J, Manu Key, Mysta D ainsi que sur " Les Liens Sacrés " et " Légendaire " de la Mafia K'1 Fry.
En 1999, arrive enfin le premier album " Les Princes de la Ville ". On y retrouve une pléiade de producteurs talentueux qui ont pour nom DJ Medhi, Manu Key, Delta, Pone et Cut Killer ainsi que de nombreux invités comme Boss One du 3ème oeil, Les Intouchables, Faya Dem, Big Red, Rohff, OGB, Kery James, " Hold-Up ", le premier extrait de cet album exprime clairement que le groupe a l'envie s'imposer dans le paysage musical français et de marquer les esprits par des rimes explicites mais non dépourvues d'humour. Cependant, au début de l'année 2000 il n'y a plus lieu de parler de hold-up concernant leurs victoires de la musiques dans la catégorie de meilleur groupe Rap et de meilleure révélation de l'année et leurs 300 000 albums vendus confirment le talent du groupe.
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# Posté le vendredi 23 septembre 2005 13:35

KERY JAMES

KERY JAMES
Héraut d'un rap hardcore enragé dans les années 90 avec son groupe Ideal J, Kery James a radicalement changé de registre après le décès d'un ami en se convertissant à l'islam. Le rappeur apaisé prône en solo des valeurs d'amour et de respect. Aujourd'hui, il tente de défendre sa religion à travers la musique et s'engage avec citoyenneté dans la société.

Alix Mathurin, alias Kery James, est né en Guadeloupe le 28 décembre 1977 de parents d'origine haïtienne. Il passe les sept premières années de sa vie auprès de sa mère sur son île natale. Mais son père, qui nourrit de hautes ambitions pour ses enfants, décide de l'envoyer avec sa soeur en pension en France, afin qu'ils reçoivent une bonne éducation. Kery débarque donc en métropole en octobre 1985. Après quelque temps passé au pensionnat, sa mère, venue s'installer en France entre temps, réussit à les récupérer. Kery découvre alors son nouveau foyer : une pièce d'environ 30m² située dans un pavillon d'Orly, en banlieue parisienne. L'adaptation est difficile et l'adolescent se laisse rapidement entraîner par la rue ; c'est là qu'il découvre le rap.

Les débuts fracassants d' Ideal J.

A 11 ans, le jeune Kery se fait remarquer à la MJC d'Orly pour ses talents d'auteur, de danseur et de rappeur. Deux ans plus tard, il crée avec ses amis Harry et Teddy le groupe Ideal Junior, plus connu sous le nom d' Ideal J, baptisé ainsi en raison de leur jeune âge. Leur verve acerbe et provocante ne passe pas inaperçu dans le petit monde du rap français, et un producteur décide alors de les prendre sous son aile. En 1992, Ideal J sort ainsi son premier maxi intitulé "La vie est brutale", sur lequel Kery fait montre de ses talents de rappeur.

La même année, DJ Medhi - figure aujourd'hui reconnue dans le milieu du rap et de l'électro - rejoint la formation; c'est lui qui compose désormais tous les instrumentaux du groupe. Mais en 1993, les rappeurs se brouillent avec leur producteur et la sortie de leur premier album se retrouve bloquée pendant trois ans. "Original MC sur une nouvelle mission" sort donc en 1996, mais c'est avec "Le combat continue" en 1998 que le groupe connaît la consécration. Considéré par beaucoup comme l'un des groupes de rap les plus hardcore de l'époque, les textes incisifs d' Ideal J font couler beaucoup d'encre. Kery James se place en agitateur virulent, prônant la rébellion contre l'état français et flirtant parfois avec un certain extrémisme. Pris dans l'engrenage de la rue et de ses vices, le rappeur manque de peu de basculer du mauvais côté. Mais en 1999, l'assassinat tragique d'un de ses meilleurs amis lui fait l'effet d'un électrochoc: il réalise subitement qu'il aurait pu être à sa place. Kery James décide alors d'arrêter le rap et trouve refuge dans la religion.

Le "rappeur repenti"

A l'instar de nombreuse stars du rap américain, Kery James choisit de se convertir à l'islam. Alix devenu Ali, change alors radicalement de vie et de discours en s'investissant pleinement dans la pratique et l'étude de la religion musulmane. Entre temps, ses proches sont parvenus à le convaincre de revenir sur sa décision d'abandonner la musique. Maintes fois repoussé, son premier album solo intitulé "Si c'était à refaire" sort en octobre 2001. Fortement influencé par les valeurs prônées par le Coran, ses textes n'ont plus rien à voir avec les brûlots provocateurs d' Ideal J. Kery James prend même à contre-pied le discours rap habituel et tous ses clichés en cassant les mythes de l'argent facile et de la violence. Le jeune "sauvageon" d'Orly a mûri et regrette ses erreurs passées. Ses chansons délivrent désormais des messages d'amour, de paix et de respect. Celui que les médias surnomment le "rappeur repenti" dénote dans le paysage rapologique français. "Si c'était à refaire" est très bien accueilli par le public et la critique et se devient même disque d'or (100.000 exemplaires vendus) en à peine quelques semaines.

Attiré depuis quelque temps par la composition, Kery James a profité de l'occasion pour écrire lui-même la plupart des musiques de son album, en prenant bien soin de n'utiliser aucun instrument à vent ou à cordes, en respect d'un commandement religieux. Sur scène, le rappeur s'entoure d'un véritable orchestre acoustique (le James Band), chose rare dans le hip hop. Après être monté sur les planches du mythique Olympia à Paris en mars 2002, Kery clôt le plus grand rassemblent rap / r'n'b jamais organisé en France: Urban Peace au Stade de France le 21 septembre 2002.

Cependant, ces choix et ses prises de positions artistiques, guidées par la pratique d'un islam orthodoxe, dérangent sa maison de disques qui décide malgré son succès, de ne pas le suivre sur son nouveau projet discographique.

Son engagement religieux et citoyen

C'est donc sur le label indépendant Naïve que sort en avril 2004 son nouveau disque intitulé "Savoir et vivre ensemble". Profondément affecté par la vague d'attentats sans précédent perpétrés dans le monde entier par des terroristes se réclamant de l'islam, Kery James a souhaité à travers la musique redonner à sa religion le visage qu'elle mérite: celui de la paix, de la fraternité et de la tolérance. Son second disque prend donc la forme d'une compilation réunissant des artistes de tous bords et de toutes confessions, mobilisés pour faire passer le message. Tous les grands noms de la scène rap française ont d'ailleurs répondu présent: Kool Shen, Passi, Diam's, Disiz La Peste, Rim'K du 113, et bien d'autres, se partagent le micro sur des morceaux de rap ou de musiques traditionnelles. Une partie des bénéfices de ce projet est reversée pour la construction d'un centre culturel ouvert à tous, et dans lequel sera dispensé un enseignement religieux loin de tout extrémisme. Mais pour ne pas se limiter à une action strictement religieuse, Kery James a tenu à ce qu'une autre part des bénéfices soit offerte à une association menant une action sociale ou médicale en France, en l'occurrence Combattre et Vivre son Handicap à Gennevilliers, liée au réseau Handisport.

Un retour explosif

Après la sortie de "Si c'était à refaire", Kery James avait laissé entendre qu'il allait rapidement raccrocher le micro. Il semble pourtant que le rappeur ait retrouvé le plaisir de faire rimer les mots puisqu'il sort en avril 2005 un nouvel album intitulé "Ma vérité". A l'écoute du disque, on se rend tout de suite compte que Kery a retrouvé sa verve d'autrefois. Les instruments acoustiques font place aux synthétiseurs et à de gros sons bien lourds. Le MC, qui se définit lui-même comme "Militant et Conscient", a mis de côté son côté moralisateur pour revenir vers des textes incisifs et sans concession qui n'épargnent personne. "Je n'avais pas envie que l'on m'enferme dans la case du rappeur musulman qui est là pour prêcher" confie-t-il. "Je ne suis pas toujours en boubou chez moi, assis en tailleur dans le noir. Je suis un artiste, je fais de la musique, j'ai des revendications sociales et j'ai aussi un regard critique sur le monde et la société". Avec "Ma vérité", Kery James s'éloigne donc de la religion et établit la symbiose parfaite entre la violence d' Ideal J et la sagesse de son premier album solo. Sans doute l'un de ses meilleurs disques.

Que de chemin parcouru pour celui qui chantait à ses débuts: "Chacun pour soi, Dieu pour tous comme ça t'es fixé".

# Posté le vendredi 23 septembre 2005 13:34

Modifié le lundi 04 juin 2007 01:43

DIAM'S

DIAM'S
Diam's est une perle rare au sein d'un rap français largement masculin. A force d'énergie, la jeune femme a gagné le respect du public et des professionnels.

Mélanie Georgiades naît le 27 juillet 1980 à Nicosie, capitale de Chypre, d'une mère française et d'un père chypriote. Celui-ci délaisse très tôt sa famille et Mélanie, fille unique, est élevée par sa mère, en France, dès ses quatre ans. Son enfance se déroule dans la banlieue pavillonnaire d'Orsay au sud de Paris. Mais la jeune fille s'y ennuie et trouve ses amis dans les cités alentours où le rap est au coeur de la vie des adolescents. Fan de Francis Cabrel, elle est aussi une grande admiratrice de Suprême NTM et de Public Enemy. Le rap est sa passion et elle ne tarde pas à écrire ses propres titres. Elle prend alors le nom de Diam's séduite par la définition du dictionnaire : "Objet de luxe et de parure. N'est composé que d'éléments naturels. Le diamant ne peut être brisé que par un autre diamant."

1995 : Diam's en groupe

Dès ses 15 ans, elle rappe au sein de groupes, de "posse", à travers la banlieue parisienne, comme Instances Glauques à Bagneux. Le nom de Diam's s'installe sur la scène rap amateur, en dépit d'un indéniable machisme ambiant.
C'est aussi à Bagneux qu'elle rencontre vers 1997, Yannick du collectif Mafia Trece. Avec eux, elle partage deux titres sur l'album "Cosa Nostra" en 1998. Mais suite à des problèmes de contrat, elle cesse la collaboration et retrouve son indépendance. Cette même année, Diam's participe à la compilation "Le groove prend le maki" avec les Neg Marrons. Elle participe la tournée anti-raciste "Sachons dire non" et joue au festival rap XXL de Bobigny. Diam's réussit à effecteur une cinquantaine de concerts entre 98 et 99 en dépit de l'absence de structure professionnelle autour d'elle.

1999 : Diam's en solo

Parallèlement, elle fait la rencontre de Black Mozart, compositeur rap et surtout, producteur. C'est grâce à lui qu'elle se lance professionnellement dans la musique même si sa vie est alors faite de galères et de petits boulots. Ensemble, ils mettent au point le premier album de Diam's, "Premier mandat", qui sort en 1999 sur le label indépendant Reel Up. On y entend des guests américains (DV alias Khrist et Heather B) et français (Mr R., Driver et Vibe). Mais le CD est un échec commercial.
Diam's ne lâche pas prise. Elle continue de marquer la scène rap de sa présence qui, d'année en année, se féminise. L'ex-garçon manqué devient une femme qui sait se faire respecter. Par ailleurs, sa rencontre avec son manager, Choukri, lui permet de se professionnaliser.
En 2000, Diam's reprend un titre de son idole Francis Cabrel, "Saïd et Mohamed", sur la compilation "HipHopée". Elle fait aussi un duo remarqué ("Un peu de respect") avec l'autre vedette féminine du rap de cette époque, Lady Laistee, ainsi qu'un duo avec Kanmouze et Jongo Jack, "Promise". La chanteuse ne cesse d'être dans l'actualité via les featuring et les participations aux émissions de radio où les rappeurs improvisent en direct. C'est ainsi que Diam's contribue en 2001 à la compilation "Original Bombattack" du nom d'une émission de la radio Générations 88.2. Elle y interprète "Suzy" qui connaît un certain succès et fait décoller sa carrière.


2003 : Brut de femme

La maison de disques EMI propose un contrat à la chanteuse en avril 2002. Avec eux, elle signe un maxi vinyle de deux titres, "Pogo" et "1980". Mais la sortie de l'album est annulée suite à des problèmes internes à EMI. C'est le label Hostile qui sort finalement son second album, "Brut de femme", le 27 mai 2003. Elle le revendique comme autobiographique. On y découvre des sujets inédits dans le rap français comme la violence conjugale, la place des filles en banlieue ou l'absence d'un père. Le CD est un succès et s'écoule à 250.000 exemplaires. Mais ce qui fait de Diam's une vedette est le simple "DJ", tube de l'été 2003, qui part à plus de 700.000 exemplaires.
Au même moment, Diam's participe à la bande originale du film "Taxi 3", signe d'une solide popularité chez les jeunes Français.

2004 : Victoire !

Le 20 octobre 2003, Diam's passe à l'Elysée Montmartre à Paris, sa première grande scène parisienne. Quelques semaines plus tard, le 20 janvier 2004, elle remet ça au Bataclan. Enfin, le 28 février 2004, Diam's reçoit la Victoire de la musique du meilleur album rap/hip hop de l'année.
En avril, Diam's participe au projet de Kery James, "Savoir et vivre ensemble". On l'entend aussi sur l'album de Layone et sur "Algérie solidarité", un CD au profit des victimes des tremblements de terre de 2003. Elle chante d'ailleurs à Alger le 13 mai. Dans la foulée du succès, Diam's participe à de nombreux festivals dont les Rencontres Méditerranéennes de Béziers en mai 2004, le festival Ebony à Dakar en juin, aux Francofolies de la Rochelle et au Paléo festival de Nyon (Suisse) en juillet. Enfin, le 3 novembre 2004, une grande soirée est organisée pour lancer le DVD live de l'artiste.

# Posté le vendredi 23 septembre 2005 13:33

DISIZ LA PESTE

DISIZ LA PESTE
Membre du groupe de rap Rimeurs à Gages, Disiz La Peste, de son vrai nom Serigne M'Baye Gueye, entame une carrière solo en 1999 avec un single intitulé C'que les gens veulent entendre. Le succès est au rendez-vous et le propulse dans le collectif One Shot qui signe la BO de Taxi 2 (2000). Valeur montante du rap français, il enchaîne trois albums : Le Poisson rouge (2000) dont est issu le tube J'pète les plombs, Jeux de société (2003). En 2004 c'est sous son véritable nom, Sérigne M'Baye, qu'il sort Itinéraire d'un enfant bronzé, synthèse de deux cassettes sorties au Sénégal où Disiz connaît le succés, assorties de quelques inédits.

Disiz La Peste s'investit également dans Hexagone 2001... rien n'a changé (2001), un album de reprises de Renaud par les rappeurs français, et Fuck dat.FM (2004), un projet réunissant ses amis rappeurs du 91.

Parallèlement à la musique, Disiz s'essaie au métier d'acteur ; il fait ses premiers pas de comédien dans La Chepor, court métrage de David Tessier, puis décroche le premier rôle de Dans tes rêves (2005), l'histoire d'un jeune rappeur qui tente de percer dans le milieu de la musique. Pour ce film de Denis Thybauld, réalisateur de clip, Disiz La Peste s'est investi corps et âmes. Pendant le tournage, il a ainsi quitté femme et enfants pour se mettre en situation de manque affectif et entrer dans son personnage, et a suivi un entraînement physique sévère.

# Posté le vendredi 23 septembre 2005 13:31

LA FOUINE

LA FOUINE
Originaire de Trappes-78, La Fouine s'est fait connaitre il y a quelques années déjà avec un premier EP "J'avance". Après quelques morceaux calibrés Maxde109 et une mixtape concept "Planète Trappes", l'album "Bourré au son" a la lourde tâche de crédibiliser un rap français aux teintes westcoast. Dit comme ça, la tâche paraît rude, néanmoins avec Animalsons à l'oeuvre pour la majorité des titres, le pari peut être tenu.

"J'rappe pour le fric mais attention pour en faire suffit plus d'une meuf sur le refrain et d'un instru qui pue la merde"

Un ambianceur avec un gimmick qu'il martèle tout au long de l'album, La Fouine c'est un peu ça. Son plus gros travers c'est peut-être justement de tomber dans cette facilité de single pourri. Rap de genre oblige, il verse dans le débilo-glitter pour adolescent sur Groupie love. Quant à Basta, le propos est moins fin qu'un bon épisode de Melrose Place. "Bourré au son" déborde ça et là par quelques phases légères et des titres comme C'est ça ou J'roule sont très borderline.

"Bourré au son" ne s'écoute pas sans déplaisir.

Les différentes inspirations outre-atlantiques n'auront pas forcément raison des détracteurs du genre, il n'en reste pas moins que "Bourré au son" est un premier essai encourageant. On reprochera juste à La Fouine une envie de grailler, vite et mal, mal dissimulée sur certains morceaux. L'album aurait gagné à être plus concis

# Posté le vendredi 23 septembre 2005 13:29

Modifié le dimanche 03 juin 2007 12:43